Chères Consœurs, Chers Confrères,
À chaque époque ses défis.
La nôtre est celle de la digitalisation de la justice et de l’intelligence artificielle.
Celle des médias et des réseaux sociaux, devenus l’antichambre des enquêtes et des procès, mais aussi le lieu d’expression d’avocates et d’avocats qui se pensent parfois simples citoyens, au risque de s’affranchir de leur serment.
Celle d’un temps qui plie sous les emails qui s’accumulent et sous la pression des responsabilités professionnelles, financières et personnelles, plus forte que jamais.
C’est aussi une époque marquée par des tensions au sein même de la profession. Elles vont de simples manquements à la confraternité, qu’un appel ou une rencontre suffiraient souvent à résoudre, jusqu’à des attaques entre consœurs et confrères, sous forme d’accusations de diffamation voire de dénonciations calomnieuses, pour le seul fait d’avoir plaidé la cause de ses clients.
C’est encore l’époque des places de stage devenues quasiment introuvables et de la pression considérable qui en découle, tant pour celles et ceux qui les cherchent que pour celles et ceux qui ont réussi à en obtenir une.
Notre époque est enfin le témoin d’attaques sans précédent contre le principe même de l’État de droit et contre celles et ceux qui en sont les garants dont les avocates et les avocats. Car sans avocat, il n’y a pas d’accès effectif à la justice ni au droit. Les atteintes au secret professionnel, à notre indépendance, à notre mission de représentation et de conseil sont bien réelles. Elles appellent une mobilisation constante, en Suisse comme au-delà de nos frontières. C’est ce que rappelle chaque année la Journée des avocats en danger qui est dédiée cette année à nos consœurs et confrères américains (lien).
Ce sont ces situations que la Bâtonnière, la Première Secrétaire et le Conseil sont appelés à traiter. Pour y répondre, ils disposent des moyens que leur confèrent nos Statuts.
Il s’agit notamment des centaines de saisines en conciliation ordinale, des procédures disciplinaires lorsque cela s’impose, du dispositif de protection de la personnalité, mais aussi des dizaines de prises de position législatives, d’interpellations et d’interventions auprès des autorités exécutives, législatives et judiciaires ou auprès de tiers.
Notre Ordre est ainsi un choix. Le choix des membres du Conseil et du Bâtonnier que nous élisons. Le choix des statuts auxquels nous adhérons et que nous faisons évoluer afin de rester fidèles aux buts de notre Ordre et à notre serment. C’est aussi le choix des moyens que nous nous donnons pour soutenir l’action du Conseil, du Secrétariat et des douze Commissions qui, ensemble, font de l’Ordre des avocats de Genève l’un des grands barreaux européens.
Le 31 mars prochain constituera un moment important de notre vie ordinale. À l’occasion de notre 131e Assemblée générale, à laquelle vous venez d’être convoqués (lien), nous élirons celles et ceux qui reprendront le bâton, un Bâtonnier, une Vice Bâtonnière ou un Vice Bâtonnier, ainsi que quatre membres du Conseil. Ce sera également l’occasion de faire évoluer nos Statuts afin de renforcer le fonctionnement de notre Ordre.
C’est pour chacune et chacun d’entre vous une opportunité de s’engager : directement, en rejoignant nos instances ordinales, ou indirectement, par votre voix, en soutenant les propositions qui vous sont soumises pour renforcer notre Ordre et lui donner les moyens à la hauteur des défis de notre époque.
Chère Consœur, Cher Confrère, je vous donne ainsi rendez vous le 31 mars 2026 pour notre Assemblée générale, à laquelle j’espère vous voir nombreuses et nombreux. Votre voix compte car c’est elle qui fait notre force.
Votre dévouée,
Sandrine Giroud